mardi 28 avril 2009

Je suis une légende


Titre : Je suis une légende
Auteur : Richard Matheson
Editeur : Folio
Date : 1954

"Chaque jour, il doit organiser son existence solitaire dans une cité à l'abandon, vidée de ses habitants par une étrange épidémie. Un virus incurable qui contraint les hommes à se nourrir de sang et les oblige à fuir les rayons du soleil... Chaque nuit, les vampires le traquent jusqu'aux portes de sa demeure, frêle refuge contre une horde aux visages familiers de ses anciens voisins ou de sa propre femme.
Chaque nuit est un cauchemar pour le dernier homme, l'ultime survivant d'une espèce désormais légendaire. "

La Critique de LaeTi : Si vous avez vu le film, lisez le livre! Ça n'a pas grand chose en commun à part le fil conducteur : un virus transforme les gens en zombis-vampires. Pour le reste, bienvenue chez Matheson. Quel écrivain ... Merci à Yohan et Blandine pour ce cadeau au passage ! Le style de Matheson est très plaisant, très facile à lire. Ce livre, assez court finalement, est excellent.

A lire !

La critique de Yohan : Voici un livre marquant pour qui le lira. Quelle raison de vivre avons-nous si ce n'est la société ? voici la question face à laquelle Richard Matheson confronte son protagoniste. On ressent au fil des pages (qui défilent très vite) le désespoir du personnage, sa rage de (sur)vivre et de lutter contre son plus grand ennemi : non pas le vampire qui erre dans les rues, mais la solitude qu'il comble par un quotidien somme toute assez monotone (je sors de chez, je répare ma maison, je vais faire un tour dans la ville, je rentre, je me barricade) : Est-ce vraiment une vie ?
En tout cas, c'est un chef d'oeuvre...

La critique de Vincent : Chef d'oeuvre de la littérature fantastique, Je suis une légende arrive à nous faire littéralement vivre le quotidien désespéré de Robert Neville. L'auteur, au travers de son anti-heros profondément humain, réussi à nous faire stresser (la scène de la montre cassé !), à nous attendrir (l'apprivoisement du chien) et surtout, à nous captiver du moment à la fin. Bref, un grand moment de lecture.

La critique de Blandine : Et oui, ça y est, je suis grande, j'ai lu le livre et en + je n'ai pas eu peur ... Enfin, si, j'ai eu peur pour le personnage, pourtant un vrai anti-héros quand on y repense ! ... 

J'ai vraiment beaucoup aimé cette manière terrifiante de traiter le vampire : ce n'est pas qu'un monstre qui débarque de n'importe où, c'est ton voisin, quelqu'un que tu connaissais avant et qui a changé ... La peur n'est pas la même, le malaise grandit d'un cran ... 

Et puis il y a la vie que le personnage mène, complètement morne et monotone. En lisant ça une semaine où j'ai l'impression d'enchaîner métro, boulot, dodo, ça a pris une plus grande profondeur et m'a donné envie de voir les choses autrement ! Vite, on rebooste le quotidien et on ne fait pas que "survivre" dans ce monde de brutes ! ;) ... 

Alors, Clément, tu te laisseras tenté par le livre prochainement ? 

Dans tous les cas, le livre peut plaire aussi à ceux qui redoutent la sf, le débat va bien au-delà de ce qu'on imagine philosophiquement parlant et le traitement "scientifique" apporte également beaucoup ... 

jeudi 16 avril 2009

L'Automate de Nuremberg


Titre : L'Automate de Nuremberg
Auteur : Thomas Day
Editeur : Folio

"Ai-je une âme, Père ? Telle est la question que Melchior Hauser, le célèbre automate joueur d’échecs, veut poser à son créateur, Viktor Hauser. De la cour de Russie au quartier juif de Nuremberg, des brumes londoniennes aux chaleurs de l’Afrique, il part à la recherche de ses origines, mais sa quête pourrait bien lui réserver des surprises…"

La Critique de Yohan : Composé juste d'une petite centaine de pages, ce livre se lit très vite. Il aborde sur fond de campagnes napoléoniennes, la question de l'intelligence artificielle au travers du regard d'un automate frêle et imparfait, Pinnocchio trop (?) humain, regard qui reste au demeurant sa seule perception du monde d'une époque bouleversée (puisqu'il ne peut ni entendre, ni sentir, ni même ressentir). Melchior l'automate pose alors les bases de ce qui nous définit, nous autres, comme êtres humains et prend conscience de ses propres limites, de sa dépendance à autrui. Et puis il y a ce rapport au divin exprimé par le pendant de Melchior dont on ne découvrira l'identité que plus tard.

   Le roman aurait mérité de s'étendre davantage car la fin survient bien vite (ce qui rend par exemple le passage africain quelque peu superflu du coup, car plus axé sur la description du lieu que sur les réflexions de l'automate du début de récit). Quoiqu'il en soit, comme le roman se lit vite et bien, il est intéressant d'y jeter un coup d'oeil le temps d'un trajet, d'une soirée...

La critique de Blandine : 
Drôle de sentiment en finissant ce livre ... Je crois que j'ai eu du mal à rentrer dedans et à m'attacher à cet automate pour finalement adhérer complètement au "suspens" pendant les quelques derniers chapitres et ne pas vouloir que le livre finisse ... Du coup, je suis un peu décontenancée ... ! ;) 

Le rapport au divin ne m'a pas trop plu mais j'ai finalement dépassé l'agacement du début ...

Et puis il me donne envie de relire Le joueur d'échec de Stéphane Sweig (et de le faire lire à Yohan d'ailleurs ...) 

Honnêtement, je vous le conseille aussi, ce petit livre blanc :)

mercredi 8 avril 2009

La Voie des Ombres

Titre : La Voie des Ombres
Cycle : l'Ange de la Nuit 
Auteur : Brent Weeks
Editeur : Bragelonne

"Le tueur parfait n'a pas d'amis, il n'a que des cibles.
Pour Durzo Blint, l'assassinat est un art et il est l'artiste le plus accompli de la cité, grâce à des talents secrets hérités de la nuit des temps. Pour Azoth, survivre est une lutte de tous les instants. Le petit rat de la guilde a appris à juger les gens d'un seul coup d'oeil et à prendre des risques - comme proposer à Durzo Blint de devenir son apprenti. Mais pour être accepté, il doit commencer par abandonner son ancienne vie, changer d'identité, aborder un monde d'intrigues politiques, d'effroyables dangers et de magies étranges, et sacrifier ce qui lui est le plus précieux..."

La Critique de Yohan : Bien plus encore que par la superbe couverture ou le thème de l'apprenti-assassin, j'ai été happé par ce livre du fait qu'on lui prêtait des similitudes critiques avec des oeuvres telles que les Salauds Gentilshommes, le Trône de Fer ou l'Assassin Royal. N'ayant pas lu les deux derniers cycles cités, mais étant totalement fan des aventures de Locke Lamora (la preuve ici et là), on peut dire que ce pavé de 550 pages subissait une sacrée pression de ma part.

    Quant est-il au final ?
    Oubliez la désinvolture et la gouaille des salauds gentilshommes, car ici nous sommes dans de la Dark Fantasy (im)pure et surtout très dure : on y assassine sans scrupule par famille entière, on y viole garçon comme fille, on y trahit à tout va et le tout dans une ambiance des plus glauques (Le Dédale superbement bien décrit). La comparaison entre Azoth, le héros de ce livre et Locke Lamora s'arrête donc à l'apprentissage que tous deux connaissent (respectivement assassin et voleur). Sauf qu'Azoth aura vu les pires horreurs pendant cette période de l'enfance. Pourtant, le livre vous offre des moments de tendresse torturée dans le genre à vous foutre une boule dans la gorge parfois.

    Sans trop en dire, pour ne pas gâcher certaines révélations du livre (moins élégantes que chez Lynch), sachez que le livre se découpe plus ou moins en deux grosses parties, avec tout d'abord une période se déroulant sur une dizaine d'année qui verra l'apprentissage de notre futur pisse-culotte (parce qu'un assassin c'est tellement banal et amateur !) et la deuxième se passera sur moins de 48 heures ! Etonnant découpage mais efficace !

   Malgré tous les efforts et les misères pour s'attacher aux personnages, c'est surtout cette deuxième partie qui m'a vraiment fait vibré et pour laquelle j'ai eu grande difficulté à lâcher le livre. Pourquoi ?

    Peut-être parce que dans la première partie, nous ne connaissons pas encore bien tous les personnages (et il y en a énormément, avec parfois même des pères et fils qui portent le même nom !), qu'il y a des ellipses dans l'action : on finit un chapitre sur un événement sur lequel le lecteur aimerait davantage de détails mais il lui faut attendre pratiquement 500 pages pour être servi ou comprendre une scène passée! Ce qui a tendance parfois à fâcher... et puis certaines fois, on aimerait davantage de surprises, mais non...

    Pourtant, Azoth, Blint, Logan, Poupée, Mama K sont d'autant de personnages au final très attachants, très bien détaillés et chacun avec leur personnalité propre, tandis que les "méchants" ont tendance à tous se ressembler et à être vulgaires et colériques.

    Je n'ai pas énormément accroché à la magie (et encore moins aux artefacts) qui amènent une facilité scénaristique assez souvent. Les combats et les leçons des pisse-culottes sont vraiment bien rendus par contre.

    En résumé, le livre peut décontenancer dans sa première partie (et rebuter si vous êtes allergiques au coté glauque), mais offre dans sa deuxième partie d'excellentes scènes pleines d'actions, de révélations, de complots dans les complots qui s'ouvrent comme des boîtes de Pandore.
    Bref, sans être aussi accroc que pour un Locke Lamora, je lirai la suite des aventures d'Azoth (le livre est le premier d'une série de trois romans tous déjà paru outre-atlantique) ! 

mercredi 1 avril 2009

Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen


Titre : Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen
Auteur : Arto Paasilinna
Editeur : Denoel & d'ailleurs

"A l'approche de la cinquantaine, le pasteur Oskar Huuskonen traverse une mauvaise passe."

La Critique de LaeTi : Ce livre m'a été conseillé et prété. c'est un "conte" sans en être un, une histoire mais sans fin, sans but précis, c'est peut être le seul reproche du livre mais il est de taille. On le lit sans difficulté mais à la fin on a une impression de "oui et donc ...". Il doit être trop philosophique pour moi. Je le conseillerais parce que c'est un style différent de ce qu'on a l'habitude de lire, mais sans en être moi-même convaincu ...