lundi 14 décembre 2009

Zombies !


Titre : Zombies !
Auteur : Julien Bétan et Raphael Colson
Editeur : Les moutons électriques


Les morts-vivants sont parmi nous ! Cinéma, télévision, littérature et bandes dessinées, musique, jeux vidéo ou mondes virtuels, ils ont progressivement contaminé l’ensemble des supports culturels, inexorablement infecté la surface du globe. En quelques décennies, le zombie s’est imposé comme une figure incontournable de la culture globale, s’adaptant et mutant pour se maintenir sur la ligne d’horizon. Bien plus que de notre chair, c’est de nos peurs qu’il se nourrit, incarnation putride et déshumanisée de l’avenir incertain qui hante nos sociétés.


La Critique de Vincent : Amateur de Zombies, laissez moi vous présenter la bible. Ce recueil de 342 pages est une ode à la culture zombies, de son origine (le vaudou) à aujourd'hui. Extrêmement bien documenté sans employer pour autant un style académique ou faire office de simple catalogue, Zombies se dévore à la lecture.

Vous apprendrez comment le zombie a su évoluer en fonction de son époque et des différents médias qui l'ont accueilli. Le livre se base essentiellement sur le cinéma (des oeuvres cultes qui ont marqué l’évolution du mythe (zombie, 28 jours plus tard, ect…) au nanar de série B ou Z . Mais le recueil nous parle également du zombie à travers les romans (le recent World war Z de Max Brooks), du comics (Walking Dead, Marvel Zombie, etc..) et du jeu vidéo (Resident Evil). De plus, le livre comporte quelques focus sur le cinéma de George Roméro, le Zombie en Italie (Lucio Fulci, etc...) ou encore les zombies vu par les asiatiques.

Très intéressant à lire, ce livre est une source d'inspiration indéniable ( pour le JDR :)). Mais quiconque le lira sera également prit d'une furieuse envie de voir ou de lire toutes les oeuvres qui y sont référencées. Préparez-vous donc à être contaminé vous aussi.

samedi 12 décembre 2009

La Route


Titre : La Route
Auteur : Cormac Mc Carthy
Editeur : Points

"L'Apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres et de cadavres. PArmi les survivants, un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d'objets hétéroclites. Dans la pluie, la neige et le froid, ils avancent vers les côtes du sud, la peur au ventre : des hordes de sauvages cannibales terrorisent ce qui reste de l'humanité. Survivront-ils à leur voyage ?"

extrait :
"Je voudrais être avec ma Maman.
Il ne répondit pas. Il s'assit à côté de la petite silhouette enveloppée dans les couettes et les couvertures. Au bout d'un moment il dit : Tu veux dire que tu que tu voudrais être mort.
Oui.
Tu ne dois pas dire ça.
Je le dis quand même.
Ne le dis pas. C'est mal de le dire."

La Critique de Yohan (12/12/09) : Absence de chapitres. Style dépouillé de ponctuation, de vocabulaire. Des dialogues courts et incisifs, sans en indiquer les interlocuteurs. Des protagonistes sans nom, simplement appelés le père et le petit. Le vide. Comme tout ce qui reste de ce monde à la dérive, privé d'animaux et dont les deniers arbres sont en train de tomber.

   Mc Carthy n'est pas un auteur de science-fiction et cela se ressent d'ailleurs dans le traitement de l'oeuvre. Ce qui l'intéresse avant tout, c'est la question humaine, sa déchéance, sa foi, ses peurs, sa ténacité. On serait tenter de rapprocher ces questions d'un autre livre : Je suis une Légende, de Richard Matheson.

    L'histoire est on ne peut plus simple : suivre la route. Un "road-movie" très lent, très monotone qui lorsque survient l'horreur - celle qui prend aux tripes - vous électrocute littéralement.
   Cette monotonie, ces visites de maisons qui se ressemblent tant, ces paysages uniformément dévastés renforcent le désespoir du périple. Quand les héros, le père et le fils, crèvent de faim, on souffre avec eux. Et comme cette faim traîne sur des pages et des pages, on agonise avec eux.
   Mais ce qui permet de tenir, ce qui est poignant, c'est justement la relation entre le père et son enfant. Un père faillible mais qui ne doit en rien laissait transparaître ses doutes et se craintes à l'enfant. Un homme entre deux mondes : celui d'hier qu'alimentent ses souvenirs et l'actuel, post-apocalyptique, pernicieux jusque dans les cauchemars. Un enfant qui cherche encore les dernières miettes d'humanité au travers de questions sur la mort, dans la foi, d'un manichéisme humain pour se protéger, survivre. Des dialogues entre parents simples dont les phrases ne dépassent jamais quelques mots et qui se concluent souvent par la compréhension de l'enfant : "d'accord" répétera-t-il à longueur du livre.

   Peu importe l'histoire ou son dénouement en fait.
   Ce qui fait la force de ce livre est le sentiment dont il imprègne son lecteur de par sa pernicieuse poésie.

   Vous l'aurez donc deviner : je vous recommande fortement la lecture de ce roman.

mardi 24 novembre 2009

Légende

Titre : LEGENDE
Auteur : David Gemmell
Editeur : Milady

Druss est une légende. Ses exploits sont connus de tous. Mais il a choisi de vivre retiré loin des hommes, au sommet d’une montagne. Là, il attend son ennemi de toujours : la Mort.
Dros Delnoch est une forteresse. C’est le seul endroit par lequel une armée peut traverser les montagnes. Protégée par six remparts, elle était la place forte de l’empire drenaï. C’est maintenant le dernier bastion, car tous les autres sont tombés devant l’envahisseur nadir. Et le vieux guerrier est son seul espoir. Un demi-million d’envahisseurs face à quelques milliers de guerriers retranchés dans uneforteresse. Druss et sa hache feront-ils la différence ?

La Critique de Yohan (11/07/09) : Annoncé comme un mélange de Conan et Fort Alamo au dos de la couverture, je m'attendais de la part de ce classique de la Fantasy (datant déjà de 1984) à du gros bourrin qui tâche, d'autant plus qu'on me l'avait annoncé comme tel.

Quelle ne fut pas ma (bonne) surprise en découvrant tout le contraire, et ce dès la lecture du premier chapitre, aux dialogues diablement efficaces et aux punchlines subtiles où beaucoup d'émotion passe entre Rek, le héros, et l'aubergiste.

Ce qui fait la force de Légende, c'est la faculté de Gemmell à passer des pensées d'un protagoniste à celles d'un autre, donnant ainsi la parole aux héros (fort nombreux) tout autant qu'aux figurants (et pourtant il y a du monde dans le livre). Ainsi, l'auteur nous montrera le visage de la guerre au travers du regard des généraux, des vétérans, des fermiers enrôlés, des chirurgiens, de l'ennemi aussi, des femmes, des prêtres, etc... et c'est ce qui fait la force du roman.

La fameuse bataille annoncée arrive bien tard dans le roman et est ponctuée de pauses dans les combats car nous ne sommes pas au gouffre de Helm : l'invasion nadire dure des jours et des jours et parfois les assauts se répètent inlassablement et c'est au moral des soldats que nous nous intéressons, davantage qu'à l'action (bien sûr, j'aurais aimé voir la folie berserk de Rek un peu plus développée par exemple, mais là n'est pas l'intérêt de Gemmell).
Le personnage de Druss (que j'imaginais sous les traits du Bragon de Loisel) est fort et faible à la fois, bougon et obstiné, et on se plaît davantage à suivre sa préparation à la guerre que les pérégrinations de Rek à rejoindre la forteresse de Dros Delnoch. Son image de Légende a quelque chose de fascinant qui donne vraiment tout son sens au livre.

Je conseille fortement aux amoureux de la Fantasy la lecture de Légende qui contrairement à sa couverture ou son résumé se montre très subtile dans son traitement et explore des réflexions sur la guerre fort touchantes.


La critique de Blandine (24/11/09) : Suite aux impressions de Yohan, j'ai eu envie de lire moi aussi ce livre et bien m'en a pris ... C'est presque déroutant, finalement, la violence et la guerre n'étant pas le centre de l'histoire. Il y a beaucoup de psychologie et chaque personnage est très bien dépeint. On s'attache + à certains qu'à d'autres mais chacun a son intérêt. Il y a une certaine classe qui se dégage d'eux (même les lâches, d'ailleurs, je m'en rends compte en l'écrivant). Et puis le manichéisme est très loin, là où les clichés auraient pu être utilisés facilement, Gemmel surprend et ajoute une subtilité bienvenue.

Toute la partie sur la préparation des paysans et autres volontaires est particulièrement accrocheuse et je suis assez impressionnée par la force qui se dégage de l'histoire.

Ce n'est pas un classique pour rien, lisez-le, il vaut le détour !

vendredi 20 novembre 2009

Les Chronolithes


Titre : Les Chronolithes
Auteur : Robert Charles Wilson
Editeur : Denoël (ou Gallimard en poche)

Scott Warden était là à Chumphon, Thaïlande, quand le premier chronolithe est apparu : un obélisque de plus de cent mètres de haut, d'un bleu impossible, gelant un paysage de jungle dévasté ; un monument commémorant une victoire, celle du seigneur de la guerre Kuin, victoire qui n'aura lieu que dans vingt ans et trois mois. Mais qui est Kuin? Un tyran, le sauveur d'une humanité à la dérive, un extraterrestre aux traits indubitablement asiatiques, un futur dirigeant chinois, une rumeur qui, grâce à la turbulence Tau, deviendra réalité ? Et que sont réellement ces chronolithes qui ravagent le monde ? C'est à toutes ces questions que Scott et son ancien professeur de physique, Sulamith Chopra, devront répondre, non sans avoir à parcourir le globe, de Chumphon à Jérusalem, du Mexique au Wyoming.


La Critique de Johan : Plutôt déçu par le final de Darwinia, je ne savais pas à quoi m'attendre avec ce roman. Il est un peu difficile d'en parler sans trop en dévoiler. Disons simplement que là où d'autres autres auteurs se perdraient dans de longues et lassantes digressions "spatio -temporelles", Wilson a su trouver la bonne approche en préférant dépeindre l'impact sur la société, de l'apparition des chronolithes. Société, qui n'est d'ailleurs que le prolongement logique de la nôtre, encore plus au bord du chaos, à l'avenir totalement incertain.... Et là, apparait une certitude, dans 20 ans Kuin triomphera ici.... Il donne au moins l'assurance que l'humanité sera toujours présente en 2040, et pour la génération née au 21ème siècle, c'est énorme.
Seulement quel est le but de Kuin en envoyant ses messages? Ne pose-t-il pas lui même les conditions de sa future victoire? Ne se détruit-il pas?
Wilson amène des questions intéressantes sur le rôle des médias dans notre perception du déroulement de l'histoire, mais aussi de son impact sur les destins individuels. Car ici, la narration se fait à la première personne, celle d'un vieil homme racontant les événements qui ont marqué la première moitié du 21ème siècle.
Darwinia (son précédent roman) m'avait beaucoup déçu par son final peu imaginatif et surtout trop rationnel (du moins selon moi!...). Ici, la conclusion est plutôt logique, ne cherche pas à tout expliquer, ce qui aurait beaucoup nuit à ce roman original, doté d'une écriture agréable et fluide et que j'ai lu quasiment d'une traite!...